Des politiques incitatives pour la mobilité électrique

Publié par le 27.06.2018 - 5 min

En Europe, rares sont les pays qui ne se sont pas fortement engagés pour une mobilité plus durable. Pour les propriétaires de voiture électrique, cela se traduit par une multitude d’avantages dans la vie de tous les jours.

Le parc automobile électrique européen a de beaux jours devant lui. Le marché du véhicule à énergies nouvelles croît de manière exponentielle, les infrastructures de recharge publique se déploient sur le même rythme et la plupart des 28 états membres de l’Union Européenne font preuve, pour des raisons environnementales, d’un volontarisme inédit en faveur de l’électromobilité. Ces politiques de soutien ont des conséquences directes et concrètes pour qui veut rouler à l’électrique. De l’aide à l’achat à l’exonération de certaines taxes, en passant par les facilités de circulation ou d’alimentation électrique, tout est fait pour faciliter le quotidien de ces conducteurs nouvelle génération. Passage en revue des mesures les plus emblématiques.

Des aides à l’achat plutôt motivantes

Client en concession Renault

Parmi toutes les mesures incitatives adoptées en Europe, les aides à l’achat sont peut-être celles qui attirent le plus l’attention. Le fait est, le montant des différents bonus accordés aux acquéreurs de véhicule électrique est loin d’être négligeable.

En France, l’automobiliste désireux de rouler de manière plus durable, c’est-à-dire avec un véhicule émettant moins de 20 g de CO2/Km, peut compter sur un bonus de 6 300 euros. Quant aux automobilistes qui se débarrassent de leur véhicule diesel pour faire l’acquisition d’un véhicule électrique, ils ont la possibilité de bénéficier d’un super-bonus dont le montant peut aller jusqu’à 8 500 euros.

La Slovénie se montre tout aussi ambitieuse, avec des montants allant de 3 000 à 7 500 euros, tandis que l’Allemagne offre 4 000 euros à tous ceux qui font le choix de l’électrique. L’Autriche et le Portugal ont quant à eux opté pour une déduction de la TVA à l’achat. Cette fiscalité avantageuse est tout aussi efficace pour rendre la mobilité verte particulièrement attractive.

Exonération de frais de carte grise et dispense de taxe sur les véhicules de société

Renault gammes véhicules électriques Twizy Zoe Kangoo
Rouler en électrique peut être profitable pour les particuliers comme pour les entreprises

Les avantages économiques ne s’arrêtent pourtant pas là. Car si tous les pays européens n’ont pas mis en place une politique de bonus, la majorité d’entre eux s’est engagée sur la question des exonérations fiscales. Et une fois encore, ces dernières ne sont pas anecdotiques.

En Grèce, les propriétaires de véhicules électriques sont exemptés du paiement de la carte grise, alors qu’en Finlande, cette taxe est allégée pour ceux qui roulent en électrique. En France, selon les régions, une voiture électrique est éligible, soit à une exonération de frais de carte grise, soit à une remise de 50 %.

En France comme en Angleterre, les entreprises sont aussi bien loties puisque le fait d’opter pour l’électrique les dispense de taxe sur les véhicules de société alors qu’en Suède, une réduction de 40 % est appliquée. En Belgique, les particuliers et les entreprises profitent aussi d’avantages fiscaux, que soit en Wallonie ou dans la région Flamande.

Exemption du paiement de la taxe de circulation

En Norvège, où la part de marché des véhicules électriques avoisine les 30 %, les pouvoirs publics ont opté pour une exemption de la taxe à l’importation.

Les possesseurs de véhicules électriques sont exemptés du paiement de la taxe de circulation annuelle dans plusieurs pays, comme la Bulgarie, la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie. La durée d’exemption de la taxe de circulation annuelle est de 10 ans en Allemagne, contre 5 ans en Suède ou en Italie.

En Espagne, ce sont les plus grandes villes du pays qui ont pris l’initiative : Madrid, Barcelone, Saragosse et Valence réduisent de près de 75 % le montant de la taxe de mise en circulation pour les véhicules électriques.

Pour comparer rapidement et simplement l’ensemble des dispositions en vigueur en Europe, découvrez la carte interactive de l’ACEA.

Pas de limite pour l’électrique

D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si les grandes métropoles cherchent à promouvoir une mobilité plus durable. Un chiffre pour s’en convaincre : plus des 2/3 de l’humanité vivra en ville à l’horizon 2050. La politique électrique urbaine est donc un enjeu majeur. En témoignent les mesures de limitation, de restriction, voire d’interdiction de circuler pour les voitures thermiques dans nombre de capitales ou de grandes villes européennes. Ainsi, à Londres, en plus du péage urbain, les voitures les plus anciennes et souvent les plus polluantes doivent s’acquitter d’une surtaxe, de l’ordre de £10 par jour (soit environ 11,4 €).

Dans un autre registre, Berlin est l’une des premières villes à avoir, en 2008, mis en place un système de vignettes distinguant les différents véhicules et leur droit ou non de circuler en fonction des normes d’émissions de gaz polluants. Dans le but de réguler la circulation les jours de pics de pollution, Paris a depuis fait de même, en 2015. Et cette législation envers les voitures thermiques se veut encore plus restrictive dans le nord de l’Europe, que ce soit à Oslo, Copenhague ou à Amsterdam.

Un statut de circulation privilégié

En Europe, les pouvoirs publics ont tendance à privilégier l’utilisation de la voiture électrique. Toujours en Norvège, à la simple condition de voyager à deux, un véhicule électrique a ainsi le droit d’emprunter les couloirs de bus. Les parkings publics sont gratuits, à l’instar des péages et des lignes maritimes (Ferry). On retrouve des avantages à peu près similaires en Allemagne. En Espagne, au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas, c’est le réseau autoroutier qui se montre particulièrement accueillant. Des voies dédiées aux véhicules à énergies nouvelles ont ainsi été expérimentées.

Evidemment, toutes ces facilités de circulation impliquent l’accès le plus large possible aux infrastructures de recharge. Les pouvoirs publics en ont conscience, les aides à l’installation et au déploiement des bornes de recharge se multiplient. Du fait de l’ampleur des investissements consentis, les pays de l’Union Européenne sont donc au rendez-vous. Le rythme s’accélère, la densité des zones de recharge est grandissante. L’objectif de 500 000 points de recharge avant la fin 2020 est, il est vrai, ambitieux.

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