« Le plaisir de rouler à la vitesse de l’électricité »

Publié par le 22.06.2018 - 5 min

La conduite d’une voiture 100 % électrique se traduit par un agrément très particulier, qui ne fait que s’améliorer au fur et à mesure que les moteurs évoluent. David Mazuir, Chef de projet sur le moteur électrique qui équipe la ZOE, nous explique pourquoi et comment.

En quoi le nouveau moteur R110 conçu et fabriqué par Renault pour ZOE améliore-t-il encore l’agrément de conduite ?

ZOE a connu une évolution majeure avec l’arrivée de la batterie Z.E. 40 et son rayon d’action doublé. Si la voiture reste toujours très adaptée aux milieux urbain et périurbain, l’augmentation de la capacité de la batterie offre la possibilité d’aller plus loin, en empruntant par exemple les voies rapides, sur lesquelles il faut pouvoir s’insérer confortablement. Nous avons donc entrepris de travailler sur le moteur, pour augmenter la puissance disponible et offrir de meilleures reprises. Avec le R110 qui gagne 12 kW, on met maintenant 2 secondes de moins à passer de 80 à 120 km/h :  c’est un vrai gage de plaisir et de réassurance pour le conducteur.

On vante souvent le plaisir de conduite à bord d’une voiture électrique. Quels en sont selon vous les éléments clés ?

En premier lieu, le silence ! C’est le retour que nous font tous ceux qui montent à bord d’une voiture électrique pour la première fois. Le deuxième, c’est la vivacité, notamment en ville. Enfin, je dirais la simplicité : on conduit naturellement, sans heurts et bien sûr sans avoir à changer de vitesse.

Si l’on compare au moteur thermique, à quoi tiennent cette vivacité et cette simplicité ?

Avec un moteur électrique, lorsque vous appuyez sur la pédale d’accélérateur, le couple est immédiatement disponible. Disons que, là où un moteur thermique installe le couple à la vitesse de l’air, on se situe ici à la vitesse de l’électricité… c’est-à-dire la vitesse de la lumière ! C’est ce qui apporte cette vivacité qu’on ressent immédiatement lorsqu’on est au volant d’un véhicule électrique.

La simplicité tient quant à elle au fait que le moteur entraîne directement la roue. Avec un moteur thermique, on a besoin d’un embrayage pour éviter que le moteur cale lorsque les roues sont à l’arrêt et passer les vitesses. Rien de tout cela avec un moteur électrique : un seul rapport de boîte de vitesse, on parle de « réducteur », pas d’embrayage. Une pédale d’accélérateur pour avancer, une pédale de frein pour ralentir et s’arrêter, quoi de plus simple !

Les compétences de Renault sont traditionnellement celles d’un motoriste thermique. Comment devient-on un spécialiste du moteur électrique ?

Renault est un constructeur automobile qui a toujours mis en avant son savoir-faire de motoriste, mais jusque-là, on parlait effectivement de moteurs thermiques. Il a donc fallu nous remettre en question. Nous avons appris à maîtriser des technologies et acquis des compétences différentes de celles dont nous avions l’habitude avec les moteurs thermiques et les boîtes de vitesse, au niveau de l’électrotechnique comme de l’électronique de puissance.

Ensuite, nous nous inscrivons dans une démarche de progrès continu, pour nos produits, comme pour nos savoir-faire. C’est important en matière de mobilité électrique, car c’est un secteur en plein devenir, avec un potentiel immense.

Dès 2013, nous avions l’ambition de lancer notre propre moteur électrique. Ce fût chose faite dès 2015 ! Depuis, nous n’avons cessé d’avancer. Au moteur R75 a ensuite succédé le R90, complété par le R110. Ils offrent une large palette de puissances… et toujours  avec la même exigence de compacité et un poids réduit. Comme vous le voyez, nous sommes fiers de leur donner l’initiale « R » de « Renault » ! Ce sont tous des moteurs 100 % Renault, conçus et fabriqués en France. Cette maîtrise est révélatrice d’une montée en compétence rapide, qui n’en est qu’à ses débuts.

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