L’autopartage, une tendance forte en Europe

Publié par le 01.08.2020 - 5 min

Aujourd’hui, plus besoin de posséder un disque pour écouter de la musique, une plateforme de partage suffit. Même chose pour la voiture. Avec le développement de l’autopartage, l’usage se substitue à la possession. Une tendance qui s’étend à toute l’Europe.

Qu’il paraît loin le temps où avoir les clés de sa première voiture marquait le passage à l’âge adulte ! Ce que recherchent avant tout les nouvelles générations, c’est comment se rendre d’un point A à un point B de façon simple et économique. Dans ce contexte, le mariage entre la voiture électrique et l’autopartage est promis à un bel avenir. Mais avant même de proposer à la location des véhicules électriques, les services d’autopartage, qui permettent à plusieurs conducteurs d’utiliser la même voiture, se sont fortement développés au cours des deux dernières décennies en Europe.

L’autopartage, un mode de transport alternatif

Les entreprises sont nombreuses à avoir adopté les flottes autopartagées pour leurs collaborateurs, quels que soient leurs déplacements. D’ici 2020, 80 000 véhicules devraient fonctionner en autopartage dans les entreprises en Europe. Les particuliers sont de plus en plus nombreux à s’abonner aux services d’autopartage. Une solution très économique dès lors que l’on effectue moins de 10 000 km par an.

 
D’ici 2020, 80 000 véhicules devraient fonctionner en autopartage dans les entreprises en Europe.

Il existe aujourd’hui plusieurs modèles d’autopartage qui permettent à chacun, au jour le jour, de trouver la solution adaptée à ses besoins. L’autopartage dit « en trace directe » permet de récupérer son véhicule à une station de recharge et de le restituer à une autre station ; s’il est « en boucle fermée », le véhicule est rendu à la station de départ. En « flotte libre » (free floating), l’auto est géolocalisée grâce à une application mobile. Une fois la location terminée, le véhicule est restitué dans la zone couverte par le service, sur une place de stationnement dite classique. Enfin, l’autopartage entre particuliers s’effectue entre amis, voisins ou proches. Le véhicule appartient alors à l’un des autopartageurs ou est la propriété de tous.

L’autopartage : un développement accéléré dans les villes

Le développement de l’autopartage s’observe surtout dans les grandes agglomérations : un tiers des utilisateurs européens vivent en centre-ville où un service d’autopartage est établi. La moitié habite dans des quartiers denses situés autour de la ville où sont intégrés les transports en commun, le vélo ou la marche. Les personnes possédant un titre de transports en commun sont surreprésentées parmi les usagers de l’autopartage. Moins motorisés que la moyenne et plutôt jeunes, ils se passent volontiers de leur voiture au quotidien et ne l’utilisent pas pour se rendre au travail bien qu’ils disposent d’un pouvoir d’achat supérieur à la moyenne. Ils utilisent l’autopartage environ une fois par mois pour effectuer des achats, des sorties ou rendre visite à leurs proches.

L’usage de la voiture modifié

Pollution, densité du trafic, tarifs élevés des stationnements en ville, nous sommes de plus en plus nombreux à tenir compte des effets de nos déplacements sur l’environnement. Cette prise de conscience conduit à une tendance collaborative où les vélos, les trottinettes électriques ou le covoiturage et la colocation de véhicules ont rejoint les transports en commun comme modes de déplacement alternatifs.

En permettant de remplacer jusqu’à neuf véhicules particuliers en circulation et de libérer jusqu’à huit places de stationnement en voirie, l’autopartage a toute sa place dans ce contexte. Sans compter que l’absence de bruit et d’émissions de polluants atmosphériques améliore nettement le cadre de vie.
En outre, l’autopartage, destiné aux trajets de courte durée, modifie le rapport à la voiture en incitant à un usage optimisé, même si les durées d’utilisation, les kilomètres parcourus et les destinations sont très variables en fonction du type d’autopartage.

Les usagers de l’autopartage « en boucle fermée » utilisent ce service en moyenne 5 heures par jour pour parcourir environ 40 Km tandis que les utilisateurs de services d’autopartage « en trace directe » réaliseront environ 9 Km en 40 mn. Quant aux adeptes de l’autopartage « entre particuliers », ils effectuent généralement plus de 100 Km sur une journée, que ce soit pour des déplacements périurbains ou ruraux.

L’Europe, leader de l’autopartage

Avec 2,1 millions d’utilisateurs et plus de 30 000 véhicules dédiés, l’Europe a une longueur d’avance par rapport au reste du monde. L’Allemagne est en tête du marché européen si l’on considère que ses usagers utilisent environ 50 % de la flotte totale européenne.
Fort logiquement, du fait de ses nombreux atouts, la voiture électrique joue un rôle prépondérant dans le développement des offres d’autopartage en Europe.

 
Avec 2,1 millions d’utilisateurs et plus de 30 000 véhicules dédiés, l'Europe a une longueur d'avance par rapport au reste du monde.

Les Français sont les plus nombreux à utiliser des voitures partagées. Pour preuve, en octobre 2018, le Groupe Renault et Ada ont lancé Moov’in.Paris, une offre d’autopartage 100 % électrique censée répondre aux besoins de mobilité des Franciliens.
Quant aux Espagnols, ce sont les plus impliqués : 4,5 % d’entre eux utilisent les voitures autopartagées comme premier moyen de transport. A Madrid, le nouveau service Zity a franchi la barre des 100 000 utilisateurs en à peine six mois.

Et demain ? Des voitures en autopartage intégrées à un écosystème électrique intelligent s’adapteront à des territoires moins denses comme c’est le cas depuis cet automne sur l’île de Porto Santo, au Portugal. Un modèle vertueux de la mobilité électrique que Belle-Île-en-Mer, dans le Morbihan, va également proposer au printemps prochain en mettant à disposition des habitants et des touristes une flotte de Renault ZOE et de Kangoo Z.E.

L’avenir est à l’autopartage

En 2030, on estime que 40 % des trajets seront effectués à bord de véhicules autonomes alors qu’un kilomètre sur trois sera « partagé ». Le nombre de propriétaires de voitures va donc baisser, puisque plusieurs personnes n’appartenant pas à la même famille vont utiliser le même véhicule. Et qui dit moins de voitures, dit moins de ressources naturelles utilisées pour les fabriquer et donc moins de déchets liés à leur fin de vie.

Par ailleurs, l’autopartage a un réel impact sur notre environnement puisqu’il permet de réduire en moyenne de 200 kg par personne les émissions de CO2 chaque année. Autant d’arguments qui font de ces nouveaux comportements de mobilité un levier fort du développement durable.

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