Les enjeux de la voiture autonome

Publié par le 07.04.2020 - 3 min

La voiture de demain sera électrique… et autonome ! C’est le grand défi de ces prochaines années, avec à la clé des gains en matière de sécurité routière, une révolution dans la mobilité et une réduction drastique de la congestion. Alors, la voiture autonome pour les particuliers, comment ça marche, quels sont ses atouts et où en est-on ? Faisons le point.

Qu’est-ce qu’un véhicule autonome ?

Un véhicule autonome propose à son conducteur différents modes de conduite, dont certains permettent une délégation de conduite.
Dans un premier temps, les voitures vont se doter de diverses aides à la conduite, puis la combinaison et le perfectionnement de ces aides aboutira à terme à la délégation plus poussée de la conduite.

Comment fonctionne une voiture autonome ?

La voiture autonome a besoin de plusieurs grands éléments. D’abord, un ensemble de capteurs (radars, lidars, caméras, systèmes de positionnement par satellite, odomètres…) associés à une cartographie en très haute résolution (qui inclut même le marquage au sol) afin de dresser un portrait précis de l’environnement et d’y déterminer la position exacte du véhicule. Mais aussi des systèmes de communication permettant d’échanger des informations avec d’autres véhicules et l’infrastructure (feux de signalisation…). Enfin, une intelligence de calculs chargée d’analyser ces informations et de prendre des décisions, décisions qui sont mises en œuvre par une mécatronique agissant sur la direction, l’accélérateur et les freins. La voiture autonome dispose par ailleurs d’interfaces adaptées pour interagir avec l’utilisateur, mais aussi pour communiquer avec les autres usagers de la route.

L’atout principal de la voiture autonome, est qu’elle garantit en toutes circonstance une meilleure sécurité que la voiture conduite par un humain. En effet, les capteurs ont une vision plus globale, et l’électronique possède une plus grande réactivité que l’humain. Par ailleurs, la voiture autonome n’est pas sujette à la fatigue ou aux distractions.
Les balbutiements de la voiture autonome remontent aux années 80, avec des projets financés notamment par l’armée américaine. Il faudra attendre 2009 pour que le civil s’y intéresse, d’abord avec Google, puis avec les grands constructeurs automobiles mondiaux.

Quels sont les différents niveaux d’autonomie ?

Si le terme de « véhicule autonome » désigne généralement un engin capable de se mouvoir dans son environnement sans intervention humaine, cette autonomie intégrale ne viendra que par étapes. C’est pourquoi l’organisation SAE International, qui regroupe des ingénieurs de l’automobile, a défini en 2014 un classement des niveaux d’autonomie en fonction de la capacité des systèmes et du niveau d’interaction demandé au conducteur.

Niveau 0 : pas d’autonomie

Au niveau 0, l’humain effectue toutes les actions nécessaires à la conduite.

Niveau 1 : assistance du conducteur

Au niveau 1, le véhicule est équipé d’aides à la conduite (ADAS) qui peuvent agir pour amplifier une manœuvre d’urgence (ABS, ESP), alerter de la présence d’un danger (détection d’angle mort, alerte de sortie de voie), ou d’équipements qui apportent plus de confort comme le régulateur de vitesse adaptatif (qui respecte les inter distances avec le véhicule qui précède). Le conducteur est toujours responsable de son véhicule et ne reçoit qu’une aide très partielle.

Niveau 2 : autonomie partielle

Au niveau 2, le conducteur bénéficie d’aides à la conduite qui combinent la direction et le contrôle de l’accélérateur et du frein. Il peut gérer automatiquement les distances, centrer le véhicule dans sa voie en suivant le marquage au sol, et éventuellement aider à changer de file après une confirmation de la part du conducteur qui doit activer le clignotant. Il peut aussi s’arrêter et redémarrer dans les embouteillages sans intervention du conducteur. Celui-ci n’a plus à toucher les pédales, mais conserve les mains en toutes circonstances sur le volant et doit superviser toutes les manœuvres. C’est le niveau maximal d’autonomie toléré aujourd’hui par la législation européenne, et celui qu’atteint Nouvelle Clio lorsqu’elle est dotée de l’Assistant Traffic et Autoroute.

Niveau 3 : autonomie conditionnelle

Le niveau 3, également appelé « Eyes off – Hands off », est notamment illustré par le concept car Renault Morphoz. À partir de ce niveau, le conducteur est autorisé à temporairement lâcher les mains du volant. Il peut déléguer à la voiture la conduite dans certaines situations, par exemple dans les bouchons sur voie rapide. Le conducteur doit toutefois rester derrière le volant, et se tenir prêt à reprendre le contrôle en quelques secondes, quand le véhicule prévient qu’il ne sera plus en mesure de gérer la conduite autonome. C’est le cas, par exemple, lorsque le véhicule arrive à la fin d’un tronçon autoroutier. L’autonomie de niveau 3 n’est pas encore autorisée en France, mais elle existe déjà dans d’autres pays.

Niveau 4 : forte autonomie

Au niveau 4, le conducteur n’est plus tenu de superviser la conduite. Il reste à bord du véhicule, dont il peut reprendre à tout moment le contrôle, mais l’électronique veille à tout et il peut se plonger dans la lecture d’un livre ou la diffusion d’un film à bord. Ce niveau 4 sera toutefois d’abord proposé sur autoroute, où le contrôle sera plus aisé.

Niveau 5 : autonomie totale

C’est le niveau plus élevé. Il n’y a plus du tout de conducteur, puisque le véhicule peut conduire lui-même pour aller chercher une place de parking ou pour aller chercher des clients quand il s’agit d’un robot-taxi. A ce niveau de service, l’automatisation est complète, sur tous types de trajets, par tous les temps. Le véhicule autonome de niveau 5 pourra même se passer de volant et de pédales.

Les avantages d’une voiture sans conducteur

Renault EZ-Pro

Le bénéfice numéro un de la voiture autonome est son apport à la sécurité routière. En effet, 94 % des accidents sont causés par une erreur d’appréciation du conducteur. Selon une étude du cabinet McKinsey datant de 2015, l’adoption massive de la voiture autonome permettrait d’économiser 190 milliards de dollars en frais médicaux et d’assurance rien qu’aux États-Unis ! Le véhicule autonome redonnerait par ailleurs mobilité et indépendance à des personnes handicapées (aveugles, sourds…). Sa généralisation permettrait également d’augmenter fortement la capacité des axes routiers en réduisant l’interdistance entre des véhicules désormais pilotés par l’électronique. L’écoulement plus fluide du trafic permettrait au passage de réduire la consommation énergétique. Enfin, la voiture autonome ouvrirait la voie à des « robotaxis » partagés, sachant qu’un véhicule personnel passe 95 % de son temps… à l’arrêt.

Les voitures autonomes de Renault

Renault est l’un des constructeurs les plus actifs dans le domaine du véhicule autonome. La marque au Losange a par exemple présenté des concept-cars très avancés imaginant un futur où la voiture autonome et partagée est devenue la norme : EZ-GO pour l’autopartage du quotidien, EZ-ULTIMO, écrin luxueux d’une mobilité partagée raffinée, ou encore EZ-PRO, un véhicule de livraison autonome dédié à la logistique du dernier kilomètre.
Annonciateur d’un futur plus proche, Symbioz est un démonstrateur autonome pouvant rouler à 130 km/h sur l’autoroute et franchir des barrières de péage sans intervention humaine. Renault a également lancé des expérimentations en France en conditions réelles, avec des services de voitures autonomes à la demande à Rouen et sur le campus urbain de Paris-Saclay.
Enfin, l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi a annoncé que 40 véhicules équipés de technologie de conduite autonome de niveau 2 (autonomie partielle), dont 15 Renault, seront commercialisés d’ici à 2022. La technologie sera d’ailleurs disponible sur Clio et Captur puis Espace en 2020.

Quel avenir pour les véhicules autonomes ?

On l’a dit, la voiture autonome n’arrivera pas du jour au lendemain : il y aura un déploiement progressif des fonctionnalités d’autonomie, ainsi que de la connectivité embarquée dans le véhicule mais aussi de celle permettant une communication entre les véhicules et avec les infrastructures routières.

Pas encore autorisé en Europe, le niveau 3 est en développement au sein de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi et devrait arriver sur les routes à moyen terme. Mais pour aller plus loin, la réglementation doit évoluer. Il est en effet nécessaire d’établir les conditions de cohabitation entre les véhicules dotés de fonctions d’autonomie et les autres usagers de la route, qu’ils s’agissent de voitures « traditionnelles », de motos, vélos ou piétons. La réglementation qui permettra d’homologuer des véhicules de niveau 3 est en cours de rédaction. Un cadre légal devrait être défini en Europe d’ici 2 à 3 ans.

 

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